Libre mangeur en 8 leçons

À la mode de chez nous 

Le business des régimes et les modes alimentaires ont encore de beaux jours devant eux. Le libre mangeur a conscience des conséquences néfastes pour son alimentation de s’imprégner des informations diverses voire contradictoires à ce sujet. D’abord, parce que certaines modes prônent une alimentation déséquilibrée. Ensuite, parce qu’une règle alimentaire pour l’un n’aura pas les mêmes effets pour l’autre. Enfin, parce que cela entretient une relation frustrante avec l’assiette. Le libre mangeur ambitionne de déterminer lui-même le contenu de son assiette en fonction de ses goûts, de son corps, de son système digestif, de ses sensations, de son quotidien, de ses engagements, de ses priorités. Une liberté dans l’assiette pour insuffler une liberté dans la tête. 

0 calcul, 0 stratégie

Compter les calories, même approximativement, créé des frustrations et provoque des comportements compulsifs avec la nourriture. Plus on choisit un aliment en fonction de sa teneur en calorie (exemple typique, je commande une salade au restaurant, je suis raisonnable), moins on le mangera pour la seule bonne raison : avoir faim. Quand on compte, on culpabilise d’avance de manger un aliment gras ou sucré. Quand on compte, on va également manger des aliments dits sains sans se méfier, donc sans faim. Résultat, dans les deux cas, les sensations alimentaires ne sont jamais prises en compte. Tout passe par un contrôle mental… Le libre mangeur sait que compter c’est se tromper quand il s’agit d’alimentation. La solution se trouve dans les sensations : faim et satiété.

De soi dans l’assiette

Nombreuses sont les influences qui se trouvent dans notre comportement alimentaire et le contenu de notre assiette. Ce que nous avons appris pendant l’enfance, la façon dont on cuisinait chez soi ou non, notre caractère, notre quotidien, nos priorités du moment, notre rapport à nous-même, notre rapport aux autres, nos angoisses, nos joies, nos impatiences, nos exigences. Le libre mangeur donne de l’importance à la connaissance de soi pour mieux appréhender son alimentation. Décortiquer sa relation à la nourriture est essentielle pour se comprendre et changer ce qui ne va pas. Personne ne sera mieux placé que le libre mangeur lui-même pour vivre son expérience heureux dans sa tête et son assiette. 

Trois gargouilles par jour

Nous avons en moyenne trois prises alimentaires par jour. Plutôt que de se demander ce qu’il devrait manger ou non, le libre mangeur se focalise sur une question avant de passer à table « Ai-je faim ? ». Oui, il déguste son repas et s’arrête à satiété. Non, il passe son tour ou commande une petite entrée lors d’occasion spéciale. C’est très simple mais pas facile, on vous l’accorde. Ceci dit, il est beaucoup plus agréable de vivre avec cet objectif que celui de contrôler (et finir par échouer comme à chaque fois). Une leçon à absolument retenir pour vivre l'expérience du libre mangeur : sentir son ventre gargouiller avant de passer à table.

Du plaisir, du plaisir et toujours du plaisir ! 

Que ce soit en mangeant ou d’une manière plus générale en relation avec son assiette, s’il n’y a plus de plaisir on passe à côté de l’essentiel. Quand il y a du plaisir, il y a de l’attention pour ce que l’on fait, voit, entend et déguste. La peur d’avoir faim, la peur d’aller au restaurant, la culpabilité après chaque repas, le sentiment de frustration pour certaines catégories d’aliments, la sortie de table en ayant la sensation d’avoir trop mangé ou encore en ayant mangé beaucoup trop vite sans s’en rendre compte : des scénarii que le libre mangeur évite autant que possible. Prendre plaisir c’est être attentionné. Manger n’est donc plus un acte anodin. Le libre mangeur se focalise sur le plaisir que la bouchée lui procure ou non. En effet, au cours du repas ce fameux plaisir baisse, c’est à cet instant que le libre mangeur ralentit la cadence jusqu’à arrêter… à satiété. 

Le troisième oeil

Manger intuitivement, complètement inconcevable pour certains et pourtant possible ! Malgré tous les régimes et courants alimentaires, nous savons tous que la clé d’une alimentation saine est le simple fait de « manger un peu de tout ». Le libre mangeur n’a pas de liste catégorisant aliments interdits X aliments autorisés ; ainsi, il se débarrasse progressivement de frustrations potentielle avec certains aliments. Vous pensez que si vous vous écoutiez, vous ne mangeriez que des cochonneries ? Si vous donnez chaque fois ce que votre corps réclame, il est impossible qu’il vous oriente systématiquement vers des aliments gras ou sucrés. Si aujourd’hui vous avez l’impression d’avoir tout le temps envie d’aliments « mauvais pour la santé », c’est parce que vous entretenez une relation frustrante avec ceux-ci. Le libre mangeur cherche donc à manger intuitivement sans suivre de règles alimentaires externes particulières. Il sait que ses envies (et les quantités de ses repas ! ) peuvent varier en fonction de la saison, du rythme de travail et des activités physiques du moment. 

Ce n’est jamais gagné

Dans nos sociétés occidentales, manger est bien plus qu’un acte nourrissant. Manger c’est émotionnel, social, environnemental… Bref, manger par faim est un exercice difficile ! Le libre mangeur a conscience de cette difficulté. D’ailleurs, il ne s’attend pas à y arriver tous les jours à chaque repas. C’est donc un travail quotidien que le libre mangeur aime pratiquer car cette expérience lui permet de vivre heureux dans sa tête et son assiette ; tout en retrouvant durablement un poids de forme. Leçon n°7 : Le libre mangeur agit chaque jour pour être un libre mangeur. 

Clémentine

Du vrai, du brut, du beau

Comme exprimé plus tôt, le libre mangeur donne de l’importance à l’acte de manger en lui-même. Il est donc friand d’aliments riches en nutriments, saveurs et couleurs. Cela ne veut pas dire que le libre mangeur ne mange jamais de produits « industriels ». Quand il en veut, il en mange. Mais le libre mangeur recherche avant tout le plaisir gustatif pendant son repas. Comment optimiser cela ? En mangeant avec faim des produits savoureux. Du bon sens, n’est-ce pas ? 

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